Une monstre sortie de la douche
Novembre 2025. Montréal.
Juillet 2023. Montréal.
Février 2023. Paris.
Performance explorant le lien entre monstre et vulnérabilité.
captation vidéo par
Louis Artiges
photo par
Betty Bogaert
lors de la Biennale des erreurs
Une monstre sortie de la douche est une performance solo, accompagné d’un spot lumineux, trois couvertures de survies et une lumière rouge.
Cette performance explore la mise en vulnérabilité. Habitée par une monstre, se révelant lors de mon intimité dans la douche, je décide de m’habiller, de m’appareiller de couvertures de survie afin de faire surgir ce monstre, de me rendre vulnérable.
Il s’agit d’une exploration, d’une prise de parole, d’une danse cérémonielle autour du
monstre, mon monstre.
Cette prise d’espace puise d’abord ses racines dans mon intimité, ma gène, ma non-binarité et cette sensation d’étrangeté et de décalage par rapport aux normes.
À travers cette performance, je veux avant tout me fabriquer un espace d’expression qui sors de l’intime solitaire, je veux me laisser-aller devant l’autre, sortir les
chants et les gestes que je n’exprime que sous la douche.
Ce processus s’accompagne de fébrilité, il s’agit d’ouvrir ma vulnérabilité, lui offrir un
moment d’expression intentionnel. Ainsi pour m’aider, je décide d’alterer mon corps, de le recouvrir de capes de survie. Pour exprimer ce que j’ai en dedans, je voile le dehors. Je veux présenter un corps qui s’habille pour devenir irreconnaissable, non identifiable. Sans visage, le corps déformé, j’embrasse mon corps hybride, je dé-nude les yeux des autres de tout jugement de genre et de normes, une évasion du régime de la différence sexuelle, un appel aux laisser-aller des « étranges ».
photos 1,3,4,5 et 6 par
Jules Delorge